Pour dessiner un schéma, qu´y a-t-il de plus naturel que de le faire « à la main », en utilisant un stylo ? C´est en partant de ce postulat qu´ont été mis au point des systèmes informatiques basés sur l´« interaction stylo » : l´utilisateur dessine avec un stylo électronique sur une surface tactile, comme il le ferait sur une feuille de papier. L´interaction stylo permet un « dialogue » naturel, intuitif et convivial entre l´utilisateur et le système informatique.
L´interprétation des tracés manuscrits d´un document structuré est un problème complexe de reconnaissance de formes, et ce pour différentes raisons. Tout d´abord, un document structuré comme un schéma est constitué de symbôles de nature différente. Il est très difficile de réaliser un reconnaisseur unique capable d´identifier sans erreur un tracé. De plus, certains symbôles ont la même forme, comme par exemple le symbôle contacteur « o», et le symbôle générateur « O ». Il est alors nécessaire de prendre en compte un certain nombre d´informations concernant la nature du document analysé, afin de choisir l'un de ces symboles.
Un second problème vient de l´analyse des tracés manuscrits. Comme il faut afficher l´interprétation des tracés au fur et à mesure de leur réalisation, il convient parfois de valider si un tracé donné correspond à un symbole (générateur « O ») ou bien au premier tracé d´un symbole (transformateur « OO »), dont le dessin sera continué à l´aide d´autres tracés. Il est important de prendre en compte la nature du document structuré analysé et d´exploiter des informations.
Les solutions proposées pour reconnaître des tracés de documents structurés sont basées sur deux principes majeurs : la prise en compte, d'une part, de la nature du document analysé, afin de reconnaître ses éléments et, d´autre part, du contexte dans lequel un tracé a été réalisé, ce qui aide à le reconnaître.
Les travaux de l´équipe de recherche IMADOC, transférés vers Evodia, ont abouti à une approche générique pour le développement de telles applications, c'est-à-dire une méthode qui pourrait s´appliquer à tous les types de documents structurés. L´approche proposée est basée sur un système formé de trois composants principaux qui sont indépendants et peuvent donc être modifiés sans avoir à modifier les autres.
Tout d´abord, un ensemble de fonctions graphiques permet l´affichage des différents éléments du document (il exploite des informations graphiques, qui sont par exemple des images des symboles reconnus du document), et un ensemble de fonctions d´édition permet la modification de ces éléments par l´utilisateur (par exemple leur sélection, leur déplacement ou leur suppression, la copie...).
Comme le processus d´analyse des tracés manuscrits se fait à la volée, à chaque fois que l´utilisateur dessine un tracé, celui-ci est analysé par un second composant, dont le but est de comprendre de quel symbole il s´agit. Cet analyseur exploite des connaissances concernant la nature du document en cours de réalisation afin de déterminer la signification du tracé.
Ces informations sont représentées sous la forme de règles d´interprétation, à l´aide d´un langage spécifique. Ces règles constituent le troisième composant du système. Elles modélisent tout d´abord une vision globale du document, afin de déterminer dans quel contexte spatial un tracé a été dessiné. Il est ensuite possible, en fonction de ce contexte, d´avoir une vision locale de l´élément à reconnaître, et donc d´en analyser la forme. Ainsi, ces règles d´interprétation modélisent le pilotage de systèmes de reconnaissance dédiés à des sous-familles de symboles du document. Le but est de modéliser si un symbole plutôt qu'un autre ressemblant, a de plus fortes probabilités d´être placé à un endroit précis en fonction du contexte du document. Pour finir, ces règles d´interprétation permettent aussi de modéliser si un symbole peut être dessiné à l´aide de plusieurs tracés manuscrits.
Un des avantages de ce système est sa généricité, qui facilite le développement d´éditeurs de documents structurés basés sur une interaction stylo. En effet, les fonctions graphiques, les fonctions d´édition et l´analyseur de tracés manuscrits sont des composants indépendants de la nature du document analysé, et ne nécessitent pas d´être recodés pour chaque nouveau logiciel. Par conséquent, le développement d´un tel système ne nécessite que la réalisation des composants dépendant du domaine, c´est-à-dire la description du document analysé à l´aide de règles d´interprétations, les reconnaisseurs des familles de symbôles contenus dans le document, et enfin les informations graphiques, correspondant par exemple aux images des symboles reconnus (du document).
En complément des technologies d´IMADOC, EVODIA s´appuie également sur le SDK TabletPC de Microsoft pour développer ses applications.
Les logiciels d´Evodia sont certifiés par Microsoft.